Du coq à l’âne – Exposition au musée du château

Quand

Du 10/05/2022 au 20/11/2022

Qui

Musée du château de Flers
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Exposition « Du coq à l’âne » : autour de la représentation des animaux dans l’art
Du 10 mai au 20 novembre 2022

Animal au travail, nourricier, animal fidèle ami, sujet, modèle ou simplement secondaire, animal en liberté ou captif, l’exposition propose de découvrir des portraits originaux issus des collections du musée de Flers et d’autres musées.

Passons du coq à l’âne avec les œuvres de trois artistes contemporains : Eric Pillot et la série de photographie « In situ » qui ont pour sujet l’animal captif dans son environnement artificiel, et les deux artistes plasticiennes Charlotte Champion et Lara Blanchard.

Les tout-petits auront également leur espace grâce à Ann Guérin, couturière.

En extérieur, une installation de Charlotte Champion.

Les trois artistes contemporains invités cette année au musée

Éric Pillot est né en 1968 et vit à Paris. Il est lauréat de plusieurs prix, notamment des prestigieux prix de la photographie de l’Académie des Beaux-Arts et du prix HSBC pour la photographie.
Il découvre la photographie après avoir suivi des études scientifiques (Ecole Polytechnique, agrégation de Mathématiques). Plusieurs de ses séries ont été consacrées à l’animal, qu’il a photographié de façon poétique dans les installations de nombreux zoos d’Europe et des Etats-Unis, d’abord en noir et blanc, puis en couleur avec la série « In situ », qui se poursuit encore. Il s’intéresse également à d’autres sujets, avec notamment sa série « Parois » et au
paysage avec « Horizons ».
Ses photographies ont été présentées depuis 2008 dans une centaine d’expositions personnelles, collectives et foires d’art en Europe, en Asie, aux Etats-Unis et en Australie.
Éric Pillot est représenté depuis 2011 par la galerie Dumonteil, implantée à Paris et Shanghai, et depuis 2015 par William Mora Galleries à Melbourne. « Mais Éric Pillot photographie les animaux des zoos, et là, tout est différent. L’animal vivant y est réifié par le dispositif, c’est-à-dire transformé en pur objet d’observation pour les visiteurs. Éric Pillot va au bout de cette logique. Il n’y voit pas des créatures capables d’établir des rapports émotionnels avec leurs semblables, mais des objets parmi d’autres. Et de ces animaux qui ne sont plus que des ombres d’eux-mêmes, il fait les héros de merveilleux paysages virtuels. Du coup, seule importe la façon dont leur silhouette, leur pelage, leur couleur et leur attitude entrent en équilibre et en résonance avec les faux rochers, les décors peints et les vraies ombres de leur environnement. A la limite, ce sont des animaux factices posés là pour attirer les vrais, un peu comme les canards en bois
installés par les chasseurs pour faire venir leurs futures victimes. D’ailleurs l’un de ses ours polaires a le même mouvement de pattes que la sculpture bien connue de Pompon, tandis qu’un hippopotame semble tout droit sorti d’un atelier de fondeurs du 19 e siècle.

« Pour nous faire accepter un point de vue aussi original, Éric Pillot construit ses images images à mi-chemin entre la photographie d’architecture et les estampes japonaises. De la première, il garde la préoccupation des formes, des ombres et des lumières, et le sens de la construction. Quant aux secondes, elles semblent lui inspirer la manière de disposer son animal dans le décor à la façon d’un accessoire, comme une broche sur un vêtement ou une mouche sur un visage. A-t-il eu recours aux immenses possibilités du numérique pour modifier la taille et la position des divers éléments qu’il met en scène ? Ou bien a-t-il réussi à trouver à chaque fois la distance juste ? Peu importe. Le numérique a tendance à tout traiter de la même manière, et Eric Pillot transforme cette caractéristique en esthétique. Il écrase les reliefs, traite les ombres comme des dessins à part entière et transforme objets, êtres et lumières en autant de lignes et de surfaces diversement colorées. »

Serge Tisseron, préface du livre In situ, de Eric Pillot, éditions Actes Sud, prix HSBC pour la photographie.
www.ericpillot.com

Charlotte Champion est une sculptrice qui travaille ses œuvres en terre, en plâtre, en bois ou en cire avant de
les mouler et de les faire fondre en bronze. Certaines de ses réalisations sont agrémentées d’une touche de
couleur vive qu’elle ajoute à la patine.
Son travail s'inspire exclusivement du monde végétal et animal. Véritable bestiaire, le monde de Charlotte
Champion est habité par des éléphants équilibristes, des lapins acrobates ou encore des oiseaux sur le point de prendre leur envol. Solidement fixés sur leurs socles de métal, tous défient les lois de la gravité comme une ultime tentative d’évasion.
Si Charlotte Champion exploite aujourd’hui les motifs du monde animalier, l’origine de cette passion remonte en réalité à sa petite enfance : « J’ai retrouvé il y a peu de temps des sculptures que j’avais faites quand j’avais 7 ou 8 ans, ce sont uniquement des animaux, je les avais oubliées ! Il est étonnant de voir que des années plus tard c’est le même sujet que je continue de traiter sans m'en lasser. », confie continue de traiter l’artiste.

Cette prédilection esthétique se double d’un intérêt réel pour la cause animale : « La nature, végétale et animale, m’entoure et m’inspire. J’essaye de lui donner vie et légèreté en la présentant dans un matériau, le bronze, qui est éternel. Des espèces animales disparaissent tous les jours, et certains hommes continuent de traiter les animaux comme des objets et non comme des êtres vivants. Puisse mon travail sensibiliser un peu les hommes à la nécessité de sauvegarder et de prendre soin de la nature et des animaux. », finit-elle par ajouter.

Diane Mironesco 
www.charlottechampion.com

Lara Blanchard

« Étonnamment, parce que je l’ai un peu délaissée depuis, c’est par la photographie que j’ai commencé mon parcours de création…

Dès 1990, alors que je fais des études d’Arts Plastiques à Strasbourg, je me forme à la technique argentique en expérimentant et manipulant, telle une imagière alchimiste, les produits et les papiers, préférant déjà des textures épaisses et fibreuses et réalise alors des images à toucher. Je découpe alors mes tirages, les superpose, j’en fais des boîtes à regarder, petites scènes miniatures. J’ai toujours cherché à développer une photographie qui ne serait pas seulement image mais texture, épaisseur et objet.

Un départ pour l’Irlande et quelques années passées à l’étranger au contact de créateurs et d’artisans m’ont permis de trouver la ligne directrice de ma démarche.
Je reviens finalement vivre en France où mon projet artistique prend alors forme. Il me mène naturellement, presque instinctivement à l’assemblage et l’installation de créations mêlant mon travail photographique, textile mais également mes gravures et dessins inspirés de la botanique, la zoologie et de l’anatomie qui, depuis l’enfance, ont
formé mon vocabulaire graphique.

Au gré de mes balades et depuis toujours, j’amasse objets, mues d’insectes, papillons, ossements et autres trésors… que j’observe et dessine.
De ces traces graphiques vont naître les objets textiles et gravures qui recomposeront ainsi ma mémoire comme on réinvente ses souvenirs lorsqu’on les raconte…
De fil en aiguille, littéralement, l’objet prend forme, mêlé, suturé, assemblé, il entame sa mue et raconte sa nouvelle histoire.
Voilà que je dépose sur un morceau de lin usé, mes paysages oniriques et créatures hybrides, mes thériantropes, mes Âmes animales.
Mes objets et estampes puisent dans ce que je nomme « le magique universel ».
Chacun peut y trouver résonance à son propre voyage. Par mon travail d’estampes brodées « Les Âmes animales » je souhaite célébrer le « Vivant » et tout ce qui le compose.
En 2017 j’entame un travail de volume et la création d’une série de masques/parures mêlant céramique, feutrage, assemblage…
Ce projet que je nomme AD LUCEM se poursuit et chemine. Au-delà des écritures et des textes, comme un retour aux traditions orales également nourrie d’un « magique » universel je choisis de me fier à des croyances instinctives inspirées du monde naturel, organique et animal. Je m’inscris en « passeur », laissant ce qui se sait pour ce qui se ressent. Un état
primaire en ce sens qu’il était au commencement, peut-être un ressenti plus animal? Un lien immuable à la nature et au vivant.
Une nouvelle cérémonie Humaine voit alors le jour, le début d’une nouvelle Histoire vers laquelle je m’avance…
Nous sommes les ancêtres d’un monde à venir… »

www.larablanchard.com


Musée du Château de Flers, Avenue du Château à FLERS - 61100
Latitude, Longitude : 48.750466,-0.5742890